Faits saillants d’une enquête d’Imagine Canada
Depuis près de dix-huit mois, notre équipe travaille à l’organisation d’une campagne nationale de sensibilisation dont le lancement est prévu cet automne. Cette campagne, qui jouit du soutien de BMO et d’autres partenaires, vise à démontrer à la population canadienne l’étendue des services offerts par les organismes de bienfaisance et les organismes à but non lucratif (OBNL), et à renforcer le sentiment d’appartenance à notre secteur. Peu de personnes connaissent la taille et l’impact du secteur à but non lucratif. La plupart d’entre elles ne sont pas conscientes que, chaque jour, des millions de personnes bénéficient de services offerts par le secteur de la bienfaisance et des OBNL. Notre campagne de sensibilisation mettra en lumière le lien qui existe entre les individus et les services dont eux-mêmes, les membres de leur famille, leurs proches, leur entourage et leurs collègues bénéficient, qu’ils s’attendent à obtenir et sur lesquels ils comptent, en plus d’illustrer l’incidence qu’a notre secteur sur leur vie quotidienne, qu’ils en soient conscients ou non.
Afin d’orienter la stratégie de campagne, nous avons réalisé une étude pour savoir ce que les Canadiens et Canadiennes pensent des organismes de bienfaisance et des OBNL. Nous sommes sur le point de lancer la campagne et nous souhaitions faire part des principales conclusions de cette étude afin que d’autres organismes au sein du secteur puissent tirer profit de ces données et les utiliser pour répondre à leurs propres besoins.
Sondage national
En septembre 2025, nous avons sondé 1 500 Canadiens et Canadiennes de partout au pays. Le sondage a été réalisé par Ignite Research pour le compte d’Imagine Canada. L’échantillon était représentatif de la population nationale sur les plans régional et démographique. Un léger suréchantillonnage de 200 individus à revenu élevé a été inclus dans l’échantillon.
Principales conclusions
La population accorde une grande valeur aux OBNL et aux organismes de bienfaisance
La majorité des Canadiennes et Canadiens (80 %) considèrent les services fournis par les organismes de bienfaisance et les OBNL comme étant essentiels au bien-être des citoyen.ne.s de leur communauté locale. Ce constat est conforme à un précédent sondage réalisé par Imagine Canada en 2024.
De plus, la majorité considère le secteur de la bienfaisance et des OBNL plus important que d’autres secteurs pour leur communauté locale et leur mode de vie. Cette opinion est partagée d’un océan à l’autre et sur l’ensemble du spectre politique. Les gens considèrent que les organismes de bienfaisance et les OBNL sont légèrement plus importants que les petites entreprises, et nettement plus importants que les gouvernements et les grandes entreprises.

La population est consciente des besoins croissants pour les services offerts par les organismes à but non lucratif
La pandémie de COVID‑19 a eu une grande incidence sur la demande de services auprès de nombreux OBNL et organismes de bienfaisance de partout au pays et depuis, les besoins n’ont cessé d’augmenter. Selon une enquête du Projet Canada perspectives des organismes de bienfaisance, en 2023, 66 % des organismes de bienfaisance répondants ont déclaré avoir constaté une hausse de la demande pour leurs services au cours des dernières années. En 2025, 75 % des organismes de bienfaisance ont fait part d’une demande plus élevée par rapport à l’exercice financier précédent.
Deux personnes sur trois au Canada en sont conscientes.

La population sous-estime le nombre de personnes qui bénéficient des services offerts par le secteur à but non lucratif
Un grand nombre de Canadiens et Canadiennes sont conscients de la hausse des besoins en services offerts par les organismes à but non lucratif, mais ils sont moins nombreux à affirmer connaître quelqu’un qui a déjà bénéficié ou bénéficie de ces services. Les résultats varient légèrement d’une province à l’autre, selon le groupe d’âge et le sexe, la moyenne globale s’élevant à 41 %. Ce pourcentage chute à seulement 34 % chez les répondant.e.s de plus de 60 ans.
Quand on sait que des millions de personnes au Canada ont recours chaque jour à des services offerts par le secteur de la bienfaisance et des OBNL, ces résultats sont étonnamment bas et laissent entendre que la population a une connaissance limitée de l’éventail de services que les organismes de ce secteur fournissent dans les collectivités. Cet écart est renforcé par le fait que 18 % des répondant.e.s ne savaient pas si une personne de leur entourage avait déjà eu recours aux services d’un OBNL.

La population estime que les organismes de bienfaisance et les OBNL sont efficaces et convient que ceux-ci doivent engager certaines dépenses
Comme les hypothèses sur ce que le grand public pense des dépenses, des frais généraux ou de gestion et de l’efficacité des OBNL sont nombreuses, le sondage comportait une série de questions pour nous aider à en savoir plus à ce sujet. Constat : les opinions sont plus positives que ne le pensent de nombreuses personnes œuvrant dans le secteur.
La plupart des répondant.e.s estiment que les OBNL et les organismes de bienfaisance sont gérés de manière efficace. Cette opinion est partagée dans l’ensemble du pays, de même que par les individus à revenu élevé inclus dans le sondage. Si environ une personne sur cinq a déclaré n’être ni d’accord ni en désaccord avec cet énoncé, ce qui indique probablement que ces répondant.e.s sont indécis ou ne savent pas, seule une très faible proportion des personnes sondées a exprimé son désaccord à cet égard.

Les Canadiens et Canadiennes comprennent également que les organismes de bienfaisance et les OBNL doivent engager des dépenses pour mener certaines activités. Les catégories de dépenses qui ont recueilli le plus grand soutien sont les suivantes : la protection de l’information sensible, les activités de collecte de fonds, la technologie et l’équipement, l’assurance opérationnelle et les audits financiers.

La population est moins favorable aux dépenses liées à la direction des organismes, telles que les réunions du conseil d’administration et les salaires des dirigeant.e.s.
Si l’on compare ces résultats globaux avec ceux des personnes qui versent des dons plus importants (2 500 $ et plus), on constate que les donateurs.trices qui donnent davantage sont généralement plus compréhensifs à l’égard des frais administratifs et des frais généraux.

De la passion pour la cause à l’efficacité : ce qui importe le plus lors de leur décision de soutenir un organisme
À partir d’une liste de seize énoncés, nous avons demandé aux personnes sondées de sélectionner et de classer les cinq facteurs qu’elles considèrent comme les plus importants lors de leur décision de soutenir un organisme. Les cinq réponses les plus populaires ont été les suivantes :
- La cause vous passionne ou vous tient à cœur (55 %)
- Vous pensez qu’il fournit des services qui profitent directement à votre communauté locale (51 %)
- L’organisme a une solide réputation de respect des engagements qu’il prend (45 %)
- L’organisme est géré de manière efficace (35 %)
- Vous pensez que l’organisme peut atteindre les buts et les objectifs qu’il s’est fixés (35 %)
Qu’en est-il des frais administratifs et généraux?
Il existe une croyance largement répandue dans le secteur selon laquelle les gens se soucient beaucoup des frais généraux. Or, les résultats du sondage nous révèlent une réalité plus nuancée. Les donateurs.trices accordent relativement peu d’importance aux frais administratifs et généraux par rapport aux autres facteurs qu’ils prennent en compte au moment de décider de soutenir ou non un organisme :
- Les frais administratifs de l’organisme sont faibles (22 %)
- Les frais généraux sont conformes aux normes du secteur (12 %)
- Les frais généraux sont raisonnables pour un organisme de cette taille (11 %)
Lors d’un sondage d’Imagine Canada réalisé en 2024, seulement une personne sur trois au Canada affirmait comprendre les frais généraux réels des organismes de bienfaisance qu’elle avait soutenus, tandis que 70 % des gens n’avaient aucune idée de quoi il s’agissait. Les résultats de ces deux sondages laissent entendre que la population n’accorde peut-être pas autant d’importance que l’on croit aux frais généraux.
Les donateurs.trices attachent avant tout de l’importance aux objectifs et à l’impact
Quelques questions du sondage portaient spécifiquement sur les dons. À la question de savoir dans quelle mesure (avec quel soin) les répondant.e.s évaluent certains facteurs relatifs aux organismes au moment de faire un don, la majorité a répondu qu’elle accordait une plus grande importance aux objectifs et à l’impact qu’à d’autres facteurs. Les répondant.e.s qui font des dons importants (2 500 $ ou plus) sont plus susceptibles que les autres de s’attarder à l’efficacité et à la transparence dont font preuve les organismes, mais dans une bien moindre mesure que les objectifs et l’impact. Les résultats révèlent aussi que le fait qu’un organisme soit agréé par un tiers indépendant, comme l’agrément aux Normes d’Imagine Canada, constitue un atout selon presque la moitié des personnes sondées, un pourcentage qui grimpe à 66 % chez les personnes qui versent des dons plus importants.

Que faut-il retenir de ces résultats?
Ces données sont une source d’informations précieuses et comportent, bien sûr, plusieurs constatations qui méritent d’être soulignées. L’un des principaux enseignements que nous en tirons est que ces données brossent un tableau de la réalité plus nuancé que ce qui est souvent présumé dans le secteur. Même si les frais administratifs resteront toujours une préoccupation pour certaines personnes, la grande majorité des gens accorde beaucoup plus d’importance à d’autres facteurs. C’est en gardant cela à l’esprit que nous devrions élaborer le discours narratif de notre secteur à l’avenir.
Nous remercions tout particulièrement notre partenaire principal, BMO, pour son soutien à la réalisation de cette étude.