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Renforcer la solidité financière de votre OBNL. Partie 3 : Préparation à l’investissement et accès au capital

Renforcer la solidité financière de votre OBNL. Partie 3 : Préparation à l’investissement et accès au capital

Femmes de diverses origines concentrées avec une tablette en atelier
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Partie 3 : Préparation à l’investissement et accès au capital

 

Tout le monde connaît l’adage « il faut dépenser de l’argent pour en faire ». Traditionnellement associé au monde des affaires, le recours à l’emprunt pour financer la croissance était, jusqu’à tout récemment, pratiquement impensable dans le secteur à but non lucratif. Cependant, un intérêt croissant pour l’harmonisation des rendements financiers avec les résultats sociaux et environnementaux change peu à peu la donne. Le troisième et dernier article de cette série traite de la finance sociale et des raisons qui en font un outil utile pour les organismes à but non lucratif (OBNL) qui veulent accroître leur impact, tout en renforçant leur résilience financière.

Lorsqu’un OBNL intègre les revenus générés à son modèle financier, la question du capital revient souvent. La croissance nécessite des investissements. Les infrastructures, le personnel, les systèmes, tout cela a un coût, et le développement des éléments qui fonctionnent peut exiger des ressources financières supérieures à ce que peuvent à eux seuls fournir les dons et les subventions.

Le premier article de la série invitait les OBNL à considérer les subventions comme des outils permettant de créer des sources de revenus, et le deuxième article portait sur la mise à l’essai et la validation de ces idées. Dans ce troisième et dernier article, nous examinons la manière dont le capital peut soutenir la croissance une fois qu’un modèle a fait ses preuves.

Raisons pour lesquelles l’accès à des capitaux est important

L’accès à des capitaux, comme un prêt ou un investissement, est généralement associé au secteur privé. De tels outils financiers sont utilisés depuis longtemps pour développer l’activité économique et stimuler la croissance, mais aussi, dans de nombreux cas, pour consolider le pouvoir et générer de la richesse privée, et, ce faisant, contribuer à des préjudices sociaux et environnementaux.

Les OBNL ne cherchent pas à faire des profits, n’ont pas d’actionnaires et offrent rarement des cautions personnelles ou des biens en garantie traditionnels. Par conséquent, ils sont exclus des modes de financement qui favorisent l’innovation, la prise de risque et la croissance. Heureusement, un écosystème de finance sociale en pleine expansion rend les capitaux plus accessibles aux OBNL et aux entreprises sociales. 

La finance sociale utilise des prêts, des investissements et des garanties pour financer des initiatives qui procurent des avantages sociaux ou environnementaux en plus d’un rendement financier. La finance sociale mobilise des investisseurs d’impact, des fondations, des gouvernements et des intermédiaires afin de réunir des capitaux qui permettront de réaliser de telles initiatives. Ces approches fournissent le type de capital adapté aux organisations dont la mission principale est de créer un impact.

Plusieurs outils de finance sociale gagnent en popularité, dont les suivants :

  • Investissement d’impact – Capitaux investis dans le but de générer des retombées sociales ou environnementales mesurables, en plus d’un rendement financier. Les investissements d’impact peuvent provenir de fondations, de fonds d’impact ou d’investisseurs axés sur la mission.
  • Capitaux patients – Financement à plus long terme et assorti de modalités de remboursement plus souples, qui tient compte du fait que les initiatives à impact social mettent souvent du temps à atteindre la stabilité financière.
  • Obligation communautaire – Outil de financement qui permet aux OBNL d’obtenir des investissements directement auprès de membres de la communauté qui souhaitent soutenir des projets locaux en échange d’un rendement financier modeste.
  • Prêt ou ligne (marge) de crédit – Financement offert par des prêteurs spécialisés dans la finance sociale ou des coopératives de crédit (caisses populaires) pour soutenir la croissance des OBNL qui ont un modèle de revenus et un plan de remboursement clairs.

De nouvelles approches comme le financement mixte et le capital catalyseur permettent aussi de réaliser des projets qui n’auraient pas été admissibles à du financement traditionnel. Ces modèles de financement combinent des capitaux provenant de multiples sources, souvent des fondations, des gouvernements et des investisseurs privés, afin de réduire les risques et de faciliter les investissements dans des initiatives qui ont un fort impact communautaire. Les progrès dans ce domaine se poursuivent au Canada grâce à des initiatives comme le Thrive Impact Fund (en anglais), un intermédiaire en financement social qui utilise des investissements d’impact pour financer la réalisation de projets qui profitent aux communautés. De telles possibilités sont offertes dans Connexion subvention, la plateforme de recherche de financement d’Imagine Canada.

Se préparer à obtenir des capitaux : la préparation à l’investissement

Comme les OBNL et les entreprises sociales peuvent maintenant avoir plus facilement accès à des capitaux, la question est de savoir comment ces organismes peuvent se positionner pour y accéder. C’est là qu’intervient la préparation à l’investissement.

La préparation à l’investissement désigne la capacité d’un organisme à obtenir et gérer des capitaux remboursables. Les prêteurs et les investisseurs d’impact doivent avoir l’assurance que l’organisme est doté d’un modèle de revenus viable, d’une solide gouvernance et d’un plan de remboursement réaliste.

Un organisme prêt à l’investissement comprend parfaitement les aspects suivants :

  • Son modèle de revenus et la provenance de ses recettes;
  • Le seuil de rentabilité et les prévisions de trésorerie;
  • Les risques financiers et opérationnels liés à la croissance;
  • Les structures de gouvernance nécessaires pour superviser les décisions financières;
  • Les modalités et le calendrier de remboursement des capitaux.

L’accès à des capitaux ouvre généralement dès lors que le modèle a été éprouvé et perfectionné. C’est pour cette raison que les études de faisabilité, les projets pilotes et la validation du marché revêtent une si grande importance. Lorsqu’une initiative de génération de revenus confirme l’adéquation du produit par rapport au marché et la viabilité financière, les capitaux peuvent être utilisés pour déployer à plus grande échelle ce qui fonctionne déjà.

Par exemple, une organisation dont l’essai pilote d’un programme de formation payant s’est avéré concluant peut rechercher du financement pour étendre son offre, investir dans les capacités de son personnel ou mettre en place les systèmes nécessaires pour conquérir de nouveaux marchés.

Les risques et les conséquences de l’immobilisme

La notion de capital remboursable peut présenter un risque inédit pour de nombreux OBNL. Les conseils d’administration sont responsables de la santé financière des organismes dont ils s’occupent, de sorte que la prudence s’impose. Toutefois, l’aversion au risque, ou la tendance à s’en tenir aux « méthodes traditionnelles », ne permet pas aux OBNL de s’adapter aux défis d’aujourd’hui ou de profiter des nouvelles possibilités. Les subventions et les dons, c’est rassurant, certes, mais il faut comprendre qu’ils ne suffisent plus. Le fait de trop se fier aux modes de financement traditionnels expose aussi les OBNL à des risques. Les coupes budgétaires et les intérêts changeants des donateur.rice.s entraînent une réduction du financement, ce qui oblige les OBNL à réduire leurs services ou programmes, à licencier du personnel ou, dans certains cas, à fermer définitivement leurs portes.

L’élaboration et le développement de stratégies visant à générer des revenus, associés à la volonté d’utiliser les outils financiers nécessaires à leur mise en œuvre, créent de nouvelles possibilités pour garantir la viabilité financière des OBNL. Une mise en œuvre stratégique de ces approches peut accroître les revenus non affectés et aider les OBNL à se prémunir contre les chocs financiers.

La préparation à l’investissement permet aux organismes de bien évaluer les possibilités d’investissement, en s’appuyant sur une modélisation financière rigoureuse, une supervision de la gouvernance et une bonne planification stratégique. Une fois ces éléments en place, le capital devient un outil puissant que les OBNL peuvent utiliser pour accroître leur impact et contribuer à un changement systémique plus large.

Le rôle des OBNL dans l’évolution des systèmes

L’argent n’est pas neutre. Il façonne les systèmes qui nous entourent. À l’heure où les OBNL se dotent des moyens pour accéder plus facilement à des capitaux, nous pouvons bouleverser les modèles actuels et créer des systèmes économiques fondés sur l’équité, la justice et la solidarité.

Cette transition est un des moyens qui permettent de créer une économie d’impact social et, dans ce domaine, les OBNL ont un rôle déterminant à jouer. Ils sont profondément ancrés dans nos communautés et ont l’expertise requise pour résoudre des problèmes sociaux complexes. Avec les bons outils financiers, les OBNL peuvent façonner les systèmes économiques qui les entourent, plutôt que de rester en mode survie dans le contexte actuel. 

Chez Thriving Non-Profits, nous nous engageons à soutenir cette transition. Grâce aux formations, à l’encadrement, aux conseils et à l’accès à des capitaux, nous aidons les dirigeant.e.s d’OBNL qui souhaitent générer des revenus durables et bâtir des organisations résilientes.

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