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Gravir la Colline : comment influencer le processus législatif

Gravir la Colline : comment influencer le processus législatif

réunion

De gauche à droite : Bardish Chagger (Députée Waterloo), Tanya Hayles (Black Moms Connection), John Clayton (La Bourse du Samaritain), Cathy Barr (Imagine Canada), Cathy Taylor (ONN), Sara Krynitzki (FPC).

« Les Journées sur la Colline représentent une occasion importante pour les OBNL qui cherchent à influencer l’élaboration des politiques. »

Au printemps dernier, les organismes de bienfaisance et organismes à but non lucratif (OBNL) n’ont pas tardé à réagir au budget fédéral et, plus particulièrement, aux changements proposés concernant notre secteur. En peu de temps, ce qui était alors une « Journée sur la Colline » anticipée provisoirement a rapidement trouvé un nouveau sens pour discuter des dispositions sur la direction et le contrôle de la Loi de l’impôt sur le revenu. Généralement vue comme outil de plaidoyer parmi d’autres, cette fois, Journée sur la Colline était une mesure réactive qui s’inscrivait dans (et soutenait) divers efforts déployés à l’échelle du secteur. En fin de compte, on considère qu’elle a eu un effet direct sur la prise de décisions. Dans ce billet, nous relatons notre expérience à organiser cette activité afin de donner un coup de pouce à ceux et celles qui font leurs débuts dans le monde du plaidoyer ou qui envisagent d’organiser leur première Journée sur la Colline.

Qu’est-ce qu’une Journée sur la Colline? 

Une Journée sur la Colline est l’une des activités centrales en matière de relations gouvernementales. Un groupe de représentant.e.s se rend alors sur la Colline du Parlement à Ottawa pour y passer une journée remplie de réunions au sujet de leurs dossiers prioritaires, dans le but de convaincre, de créer des relations et d’attirer l’attention sur ces dossiers.

Au minimum, une Journée sur la Colline est une réaction aux changements proposés ou apportés à des politiques. Au mieux, elle est l’occasion pour un secteur de mettre en lumière ses objectifs. Organisées sur plusieurs journées, des rencontres rapides permettent d’entrer en contact avec un grand nombre de parlementaires, de membres du personnel politique et de fonctionnaires, et de faire connaître la liste de priorités d’un secteur.

Au fil des ans, Imagine Canada a organisé plusieurs Journées sur la Colline, avec la participation de divers organismes de bienfaisance et OBNL. Cette Journée fut la première depuis la pandémie. Son format révisé, choisi en réponse aux modifications proposées à la Loi de l’impôt sur le revenu, a introduit une nouvelle formule de collaboration entre les organismes du secteur. 

Comment organise-t-on une Journée sur la Colline? 

Le temps et les capacités humaines sont vos ressources clés. Si vous manquez l’un ou l’autre, vous devriez peut-être faire appel à une coalition ou à un partenaire de financement afin d’embaucher une firme spécialisée en relations gouvernementales. Ce printemps, Imagine Canada a pu obtenir des fonds pour retenir les services d’une telle firme chargée de s’occuper des aspects logistiques de la Journée (organisation des réunions et lieux de rencontres, choix stratégique du personnel politique à contacter). Nous avons ensuite identifié douze organismes ayant un intérêt fondamental pour la question de direction et de contrôle. Nous les avons invités à participer à la Journée, en personne ou en ligne, ou à transférer l’invitation à d’autres organismes motivés par un intérêt similaire. Après confirmation des participant.e.s, nous les avons regroupé.e.s en petites équipes afin de maximiser le nombre de réunions.

Imagine Canada a établi une liste stratégique de parlementaires à rencontrer en lien direct avec la question de direction et de contrôle. Cette liste comprenait des ministres, des membres de comités, de critiques de l’opposition, des chefs de caucus et des député.e.s ayant de l’expérience dans le secteur caritatif.

Ensemble, les organismes participants ont mis au point un document d’information, y compris des appels à l’action précis destinés aux parlementaires. Ce document a été envoyé au préalable au bureau de chaque personne rencontrée. Dans chacune des environ 30 réunions, les délégué.e.s ont présenté des exemples et des histoires passionnantes afin de créer des liens avec les parlementaires et les autres membres de leur équipe.

À la fin des réunions, nous avons invité les personnes rencontrées à étudier les propositions concrètes de notre coalition pour changer la loi. De leur côté, elles ont fréquemment suggéré d’autres collèges à contacter, ou ce que nos délégué.e.s pourraient faire pour appuyer l’intervention des parlementaires dans ce dossier.

Faites-vous connaître!

Le dernier élément clé d’une Journée sur la Colline est de la faire connaître auprès des journalistes et publications du secteur susceptibles d’y voir un intérêt pour leur public. De plus, un communiqué de presse expliquant clairement la question au centre de votre démarche peut diriger l’attention sur vous avant la date de l’événement. Il s’agit d’un outil de plaidoyer efficace qui peut avoir un double effet : faire augmenter le nombre de réunions et faire connaître l’enjeu en question.

Pour notre Journée sur la Colline, Imagine Canada a élaboré une campagne rapide sur les réseaux sociaux, reprise par plusieurs plateformes. Celles-ci ont ensuite publié des articles sur nos efforts de plaidoyer, puis demandé des entrevues avec des délégué.e.s pour en savoir plus sur leur expérience. Nous avons également permis à un journaliste d’observer les participant.e.s pour montrer les coulisses (en anglais) de la Journée. 

Leçons tirées de cette Journée sur la Colline :

  • L’approche hybride s’impose : tant les parlementaires que les délégué.e.s se trouvaient un peu partout au pays. Les réunions virtuelles ont permis de compléter celles en personne et d’accroître les possibilités de rencontre pour les délégué.e.s.
  • La motivation des délégué.e.s est clé : pour cette Journée sur la Colline, nous avons fait appel à des collaborateurs.trices et délégué.e.s au cœur de la question de direction et de contrôle, soit des donataires non reconnus et des organismes subventionnaires.
  • L’entraide fait la différence : dans une perspective de pratique exemplaire, offrez de l’aide devrait aux organismes qui font leurs premiers pas de plaidoyer sur la scène fédérale. Cette aide peut prendre la forme d’échanges de connaissances, d’un soutien financier ou de formation des délégué.e.s (et idéalement, les trois).
  • La réalité bat la théorie : les expériences présentées par les gens sur le terrain, qui vivent pour le travail possiblement affecté par les changements législatifs, ont eu le plus grand effet durant les réunions.
  • Les propositions constructives ont la côte : pour trouver un consensus, il faut proposer des changements dans un esprit de collaboration, plutôt que de simplement rejeter l’intention des responsables politiques et ministériels.

Nous espérons continuer à convier des groupes d’organismes du secteur caritatif canadien à des Journées sur la Colline et à aider d’autres organismes à organiser leur propre événement. Si cette initiative est dans vos cartes ou pique votre curiosité, n’hésitez pas à communiquer avec notre équipe des politiques publiques à politiquespubliques@imaginecanada.ca.

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