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Témoignages de terrain : cinq organismes à but non lucratif font part de leurs attentes concernant le budget de 2026

Témoignages de terrain : cinq organismes à but non lucratif font part de leurs attentes concernant le budget de 2026

Une femme peint sur une toile, sous le regard d’une femme plus âgée, lors d’un atelier artistique en groupe.
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Les débats politiques fédéraux sont actuellement dominés par des mégaprojets d'infrastructure à grande échelle, destinés à la fois à stimuler l'économie et à constituer des moments clés de la construction nationale. Or, une nation solide repose sur l’infrastructure sociale permettant de garantir que les collectivités restent en bonne santé, en sécurité et solidaires. Le secteur à but non lucratif constitue l’épine dorsale de cette infrastructure sociale. Chaque jour, des organismes à but non lucratif (OBNL) offrent des services essentiels, comblent des lacunes systémiques, proposent des activités culturelles et récréatives abordables, et répondent aux demandes croissantes des collectivités avec des ressources de plus en plus restreintes.

Afin de déterminer si les priorités fédérales tiennent compte des réalités sur le terrain, nous avons posé aux dirigeant.e.s de cinq OBNL trois questions clés concernant le budget de 2026 : quels sont les éléments qu’ils surveillent de près, quels sont les besoins les plus pressants de leurs communautés et quel message souhaitent-ils faire passer aux décideurs fédéraux.
 

Éléments du budget de 2026 que les OBNL surveillent de près

Les consultations prébudgétaires fédérales constituent une excellente occasion pour les OBNL de demander des mesures ciblées pour répondre aux besoins des collectivités. Osvaldo Arias, directeur général d’AGIR (Action LGBTQIA+ avec les ImmigrantEs et RéfugiéEs), mentionne que son organisme surveillera le financement des services d’accueil et d’établissement des personnes réfugiées et espère que les personnes immigrantes 2ELGBTQQIA+ soient reconnues comme une population prioritaire, plutôt que d’être ignorées. De son côté, Robin Sokoloski, directrice des programmes et de la recherche chez Mass Culture/Mobilisation Culturelle, souligne la nécessité de hausser le budget du Conseil des arts du Canada de 140 millions de dollars par année, et ce, de façon permanente. Elle souhaite également la mise en place de mesures robustes de protection des droits d’auteur et contre l’intelligence artificielle, précisant que de telles mesures renforceraient les moyens de subsistance des artistes et la souveraineté culturelle du Canada.

Rabia Khedr, présidente et directrice générale du mouvement Le handicap sans pauvreté, estime qu’il faut un plan assorti de délais précis pour augmenter la prestation canadienne pour les personnes handicapées afin de mettre fin à la pauvreté chez ces personnes, tout en précisant que « à 200 dollars par mois, cela ne suffira pas ». Pour sa part, Fatema Abdalla, responsable principale du plaidoyer au Conseil national des musulmans canadiens, insiste sur la nécessité d’augmenter le financement des initiatives de sécurité communautaire et de lutte contre le racisme. Elle souhaite également que le Bureau de l’ombudsman des contribuables obtienne plus de fonds pour élargir son mandat et assurer une surveillance plus indépendante de l’Agence du revenu du Canada. Enfin, Ash Montgomery, directrice des communications chez L’apathie c’est plate, souligne la nécessité de renforcer la résilience démocratique et rappelle aux décideurs que la protection de notre démocratie exige un investissement soutenu dans l’infrastructure civique, mais aussi la participation citoyenne et des organisations responsables de ce travail.

Réalités du terrain – Les besoins les plus pressants des collectivités

Concernant les besoins les plus pressants des collectivités, les deux réponses les plus fréquentes ont été le financement stable et le renforcement des mesures de protection. Osvaldo Arias souligne la nécessité d’un financement de base prévisible et pluriannuel pour les petits organismes venant en aide aux communautés marginalisées, de même que d’un système de détermination du droit d’asile plus rapide et plus équitable. De son côté, Rabia Khedr insiste sur la nécessité d’améliorer la prestation pour personnes handicapées, incluant un revenu adéquat, l’admissibilité automatique des bénéficiaires des programmes provinciaux d’aide aux personnes handicapées et la fin des dispositions de récupération (dispositions d’une loi fiscale qui a pour objet de forcer les contribuables, dans certaines circonstances, à rendre à l’État certaines allocations ou prestations sociales reçues). Fatema Abdalla réclame pour sa part des mesures fédérales concrètes pour protéger les communautés musulmanes, notamment par l’élaboration d’une stratégie nationale de lutte contre l’islamophobie.

En ce qui concerne le monde des arts et de la culture, Robin Sokoloski souligne qu’il faut offrir des conditions de travail durable pour les artistes, notamment un financement public prévisible, des espaces culturels abordables, des mesures de protection du revenu et un soutien à l’exportation des œuvres créatives. Enfin, Ash Montgomery fait remarquer que le Canada n’a pas de mécanismes de financement consacrés aux infrastructures démocratiques. Elle préconise la création d’un fonds pour la démocratie canadienne destiné à financer des initiatives non partisanes de la société civile, à favoriser la participation citoyenne et à soutenir l’éducation civique.

Autres points que ces OBNL souhaitent porter à votre attention

Outre les priorités du budget de 2026, Osvaldo Arias insiste sur le fait que les organismes communautaires doivent être consultés dès lors que le gouvernement entame un processus décisionnel, soulignant que chaque dollar investi dans un petit organisme local a des retombées proportionnellement plus importantes. Ash Montgomery établit un lien entre l’engagement civique et la confiance au sein de la société, précisant que les citoyens et citoyennes qui ont le sentiment qu’on les écoute sont trois fois plus susceptibles de faire confiance à leur gouvernement. Robin Sokoloski considère les arts et la culture comme une infrastructure sociale et économique essentielle, affirmant que le soutien à la culture constitue un investissement dans la résilience, l’identité et l’imagination du Canada. Rabia Khedr exhorte le gouvernement à élaborer des politiques en collaboration directe avec les personnes handicapées, insistant sur le fait que les décideurs ne doivent pas prendre de décisions concernant ces personnes sans les consulter.

Tenez-vous au courant des dernières nouvelles du budget de 2026 concernant les OBNL

Nous remercions sincèrement ces organismes de nous avoir livré leurs attentes concernant le budget de 2026. À la suite de la publication officielle du budget, prévue plus tard cet automne, Imagine Canada publiera une déclaration présentant les principaux points à retenir et les répercussions pour le secteur à but non lucratif. Des mises à jour pertinentes vous seront également transmises directement dans votre boîte de réception de courriels par l’intermédiaire du Bulletin d’alerte, notre publication hebdomadaire sur l’actualité politique fédérale et les mesures de défense des intérêts à l’intention des OBNL.

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