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Petit guide du parfait donateur

Petit guide du parfait donateur

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Alors que certains font un don de manière réfléchie, avisée et même calculée, d’autres y vont avec davantage de spontanéité et d’émotion. La meilleure façon de donner pourrait résider à mi-chemin, mais également aux antipodes. Ce petit guide sans prétention se veut surtout une proposition de résolutions à prendre en ce début d’année pour retenir de nouvelles pistes à ajouter à vos habitudes et critères de dons aux organismes de bienfaisance.

Donner une importance relative aux indices de performance des organismes

Vous trouverez rapidement sur Internet, des sites qui effectuent des classements annuels de performance d’organismes. Ils ont tous un point en commun, la valorisation des faibles frais administratifs. Utiliser ces indices renforce la nécessité des organismes de ne jamais dépenser davantage. Pas étonnant de voir que si peu d'entre eux étaient technologiquement prêts lorsque la pandémie est arrivée et que plusieurs stagnent depuis des années. Valoriser « la performance » comme elle est calculée actuellement, c’est demander à ces organismes de faire des économies de bout de chandelle et de faire des miracles alors que les coûts de locations, de TI et de salaires augmentent chaque année. C’est ainsi leur dire : non, ne soyez pas compétitif et voyez petit, pour reprendre quelques éléments mis de l’avant par Dan Pallotta, auteur de différents ouvrages sur la philanthropie et reconnu pour son TED Talk The way we think about charity is dead wrong.

En finir avec les sacro-saints frais administratifs

Attention, cela ne veut pas dire d’ouvrir les valves des dépenses sans retenue. Il en revient au conseil d’administration d’avoir une appréciation des risques et du marché. Et il en revient à l’organisme de vous expliquer pourquoi, par exemple, en 2020 les frais TI ont explosé pour outiller les employés à distance, ou pourquoi ils se sont offert une campagne média d’envergure (et les retombées). Mais faisons collectivement une « jachère des frais administratifs » et mettons-les (un peu) de côté, voulez-vous?

Sachant que des employés (et des bénévoles) qui ont de bonnes conditions sont généralement plus productifs – et qui ne voudrait pas d’un organisme plus productif –  que diriez-vous de changer votre lunette et de vous poser les questions suivantes?

  • Cet organisme paie-t-il bien ses employés?
  • Les conditions salariales en place permettent-elles d’être compétitifs sur le marché pour attirer et retenir les meilleurs talents?
  • Reconnaissent-ils bien la contribution cruciale des bénévoles?
  • Est-ce que les administrateurs jouent pleinement leur rôle et effectuent un don annuel à l’organisme?

Avoir de l’audace

Mais ne contournons pas la situation en acceptant des frais administratifs plus élevés et en demandant que notre don aille « directement et uniquement à la cause ». L’astuce est bonne pour un donateur qui vise « l’impact », car cela permet de répondre au besoin, certes, mais il freine tout développement, potentiel de croissance et évolution de l’organisme. Il faut voir plus grand que la mission, que le projet présenté. Offrons-nous plutôt de soutenir l’audace, alors que l’appétit du risque dans le secteur philanthropique est généralement mal venu. Permettez à l’organisme qui vous tient à cœur d’accéder à plus de donateurs, à plus de notoriété en investissant dans son marketing ou son recrutement, par exemple.

Presque prêt à donner

Vous avez adopté une nouvelle posture de donateur et vous vous apprêtez à faire votre don? 

Avant d’aller plus loin, il est bon de savoir que contrairement à un organisme de bienfaisance enregistré, un organisme à but non lucratif ne peut pas fournir de reçu officiel de don donnant droit à une déduction ou un crédit d’impôt pour votre déclaration de revenus. Si vous désirez recevoir un tel reçu pour votre don, vous pouvez consulter le site Web de l’Agence du revenu du Canada pour vérifier si l’organisme est bel et bien enregistré.

Ensuite, avant de cliquer pour donner en ligne ou de signer un chèque, demandez-vous si vous avez confiance envers l’organisme et si vous croyez que votre don sera utilisé correctement. Demandez-vous si vous faites confiance aux dirigeants de cet organisme pour que votre don soit utilisé à bon escient et si vous accepteriez de donner deux, cinq voire dix fois plus que le montant que vous vous apprêtez à donner. Si la réponse est oui, foncez. Si vous avez des doutes, prenez le temps de consulter leur rapport annuel ou d’entamer une discussion avec l’organisme. Soyez assurés qu’ils seront heureux d’en discuter avec vous – les organismes cherchent à développer des relations transparentes et durables avec les donateurs.

Une question de « feeling »

Finalement, prenez le temps de voir comment vous vous sentez au moment de faire votre don. Satisfait, heureux, fier? Clairement c’est mission accomplie! Mais si vous vous sentez pressés, obligés, peu motivés, voyez cela comme des lumières rouges qui devraient vous inviter à repenser deux fois avant de donner.
 
Car être un donateur parfait, ce n’est pas d’avoir une confiance aveugle et de donner sans se questionner (au contraire), c’est peut-être juste de revoir ses questions au bout du compte et de voir le don comme le début d’une relation. Et comme dans toute relation, la confiance, ça se bâtit.

Nos auteurs invités s’expriment à titre personnel. Leurs opinions ne reflètent pas nécessairement celles d’Imagine Canada.

Daniel H. Lanteigne, CFRE, CRHA est consultant en philanthropie et ressources humaines pour BNP Performance philanthropique. Il est également chargé de cours au Certificat en gestion philanthropique de l’Université de Montréal et agit à titre de président désigné de l’Association des professionnels en philanthropie – section du Québec.

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