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Votre aide-mémoire prébudgétaire 2018

Lundi, 17 Juillet, 2017
Politiques publiques
Relations gouvernementales

La période des consultations prébudgétaires est commencée! Si vous envisagez de participer à ce processus pour la toute première fois, continuez la lecture pour découvrir pourquoi vous devriez soumettre un mémoire et comment vous y prendre. Le tout garni de quelques conseils judicieux de notre économiste en chef, Brian Emmett.

Le Comité permanent des finances de la Chambre des communes a récemment publié son invitation aux citoyens et organismes de soumettre des mémoires prébudgétaires pour considération par le gouvernement fédéral pendant la préparation de son budget de 2018.

Chaque année, nous parcourons les mémoires présentés par les organismes de bienfaisance et sans but lucratif pour nous faire une idée des demandes formulées par le secteur. Le nombre de mémoires a augmenté au cours des dernières années, soit de 40 en 2014 à 100 l’an dernier. Bien que cette évolution soit très prometteuse et témoigne de l’engagement de plus en plus prononcé des organismes, elle démontre aussi que seule une petite fraction des quelque 80 000 organismes canadiens participe à ce processus. Et si on faisait monter ce chiffre en flèche pour le budget de 2018?

Pourquoi présenter un mémoire?

Selon l’économiste en chef Brian Emmett, on a tout faux de considérer le budget fédéral comme un plan économique. Il s’agirait plutôt d’un énoncé de l’agenda du gouvernement et de la façon dont il sera mis en pratique. « Si votre organisme a une opinion sur ces priorités, c’est le moment parfait pour manifester votre intérêt et discuter de ces sujets. »

Chaque fois que le gouvernement fédéral prépare un budget, il doit réfléchir à la meilleure façon d’assurer le bien-être des citoyens et il vous invite à le conseiller dans ce processus de réflexion. Les organismes de bienfaisance et sans but lucratif existent pour servir le bien public et sont probablement les mieux placés pour conseiller nos dirigeants, car ils détiennent l’expertise sur leurs causes et les besoins de leurs communautés respectives.

Quoi écrire?

Quels sont les problèmes contre lesquels vous luttez dans le cadre de votre mission? La politique fédérale peut fort probablement vous aider à combattre les problèmes que vous voyez, et certains programmes pourraient compléter, voire amener plus loin, les succès que vous avez connus dans la prestation de vos services. N’oubliez pas que vous pouvez aussi demander le retrait ou l’ajustement de politiques existantes si cela permet d’atténuer certaines des difficultés associées à votre mission.

Le Comité des finances a l’habitude de poser plusieurs questions pour guider le processus de consultations, et les personnes et organismes participants sont censés formuler leurs recommandations autour de ces questions. Pour le budget de 2018, le Comité a proposé des sujets plus restreints que dans le passé, ce qui rend particulièrement difficile la formulation de recommandations relatives à des réformes qui toucheraient l’ensemble du secteur. Notamment, le Comité demande :

  1. Quelles mesures fédérales aideraient les Canadiens à être plus productifs?
  2. Quelles mesures fédérales aideraient les entreprises canadiennes à être plus productives et compétitives?

La deuxième question n’est pas sans difficulté pour notre secteur, puisque la mention délibérée des entreprises exclut toute politique axée sur la société civile, les organismes de bienfaisance et les organismes sans but lucratif.

Toutefois, la première question posée par le Comité se prête à une réflexion approfondie. On pourrait dire que les organismes de bienfaisance et sans but lucratif travaillent pour rendre les citoyens et les collectivités plus « productifs », dans les mots du Comité. À ce sujet, Brian explique qu’« au-delà de la contribution significative que les organismes font à la croissance économique, c’est la qualité de cette croissance qui importe tout autant, et là-dessus, les organismes font également partie de la solution. Nous sommes les experts des mesures de qualité comme l’inclusivité, l’égalité, l’environnement et la justice sociale. »

Note : Au cas où vous vous posez la question : le fait de présenter un mémoire au Comité des finances n’est PAS considéré comme une activité politique!

Mais comment (bien) faire?

Vous n’aurez à débourser aucuns frais pour participer au processus de soumission des mémoires, mais ce dernier requiert tout de même un certain investissement en temps des employés. Pour bien planifier l’utilisation de vos ressources, nous vous conseillons de marquer cet exercice annuel dans votre calendrier.

Respectez les règles

Suivez les directives émises par le Comité des finances chaque année, confirmez que vos demandes sont de compétences fédérales et tentez du mieux que vous pouvez d’adapter vos recommandations aux sujets et aux questions proposés (un exercice du domaine de l’art plutôt que des sciences qui peut faire travailler vos neurones).

Pensez à votre lectorat

Selon Brian, si vous voulez que vos recommandations résonnent auprès des membres du gouvernement, essayez de vous mettre à leur place. « Si vous comprenez ce que le gouvernement souhaite accomplir et si vous présentez vos demandes d’une manière qui lui permettra d’atteindre ses objectifs, les chances de voir vos souhaits exaucés sont d’autant plus grandes. » En même temps, n’oubliez pas que « le gouvernement a tout intérêt à aider les organismes caritatifs, puisqu’ils contribuent à la création d’emplois, à la croissance économique et au bien-être de la population. »

Comment fait-on pour connaître l’agenda politique du gouvernement? Le discours du trône, les lettres de mandat des ministres et les points saillants du budget de 2017 constituent un bon point de départ pour vous familiariser avec les priorités du gouvernement.

Lorsqu’on travaille dans le domaine des relations gouvernementales et de la défense des intérêts, mieux vaut considérer le gouvernement comme un partenaire dans l’élaboration des politiques, plutôt que comme un adversaire. Vous voulez convaincre et faire valoir votre influence, et la recherche en psychologie démontre clairement que pour convaincre quelqu’un de votre point de vue, vous devez absolument éviter de le mettre sur la défensive. Bien sûr, vous devez rester fidèle à vous-mêmes et présenter de façon honnête les effets que les politiques fédérales ont sur votre communauté et sur votre cause. Cependant, évitez un ton agressif et, dans la mesure du possible, mettez l’accent sur l’avenir. Bref, essayez de maintenir un ton positif, sinon neutre.

Offrez une mise en contexte

Qui êtes-vous, que faites-vous et pourquoi? Voyez le mémoire comme une possibilité de présenter votre organisation et votre cause au gouvernement. Brian vous conseille de « lui parler de l’impact de votre travail et d’exposer les éléments de votre succès. » Expliquez au gouvernement pourquoi il devrait être préoccupé par les problèmes que vous constatez sur le terrain et tentez de le convaincre de suivre vos pistes de solution.

Soyez claire et concis

Un bref exposé vaut mieux qu’un long discours! Formulez des demandes claires, directes et marquantes qui se distinguent.

Pour y parvenir plus facilement, utilisez des sous-titres et indiquez vos recommandations au début du mémoire, soit sur la première page ou tout de suite après, avant d’entrer dans le vif du sujet.

Fournissez des preuves à l’appui de vos demandes

Le gouvernement en place est particulièrement avide de politiques élaborées à partir de preuves solides, alors, donnez-lui autant d’exemples, de chiffres et de données qualitatives que possible pour corroborer vos observations et démontrer comment vos recommandations permettent d’apporter des solutions.

Rendez vos demandes publiques

De l’avis de Brian, « la participation aux consultations prébudgétaires est votre chance de faire connaître votre cause auprès du gouvernement. » Mais pourquoi s’arrêter là? Après avoir envoyé votre mémoire au Comité des finances, vous pourrez écrire un article sur le sujet pour votre blogue, publier le mémoire entier sur votre site Web et en parler dans vos outils de communication et sur les médias sociaux. Après tout, le travail de défense des intérêts en est un de longue haleine! Si vous croyez en votre vision de la politique fédérale, ne manquez aucune occasion de la faire connaître, ou, dans les mots de Brian, « allez-y et illuminez les ténèbres ».

Pourquoi faire cavalier seul?

Les organismes sont nombreux à former des coalitions pour participer au processus prébudgétaire (voir p. ex. la soumission de la Coalition du budget vert ci-dessous), puisque cette collaboration offre plusieurs avantages à ceux qui partagent les mêmes intérêts et une même vision pour le budget fédéral, surtout dans le cas des petites organisations.

En travaillant en coalition, les organismes participants peuvent coordonner leurs efforts pour produire un document conjoint au lieu de proposer chacun des recommandations similaires. De plus, en parlant d’une voix unie avec les acteurs principaux dans leur domaine, les organismes projettent une image qui peut leur permettre d’obtenir de meilleurs résultats. Enfin, le travail en équipe facilitera beaucoup vos efforts de communication et les rendra plus efficaces au moment où vous déciderez de mobiliser le public en faveur de votre vision du programme politique.

Quelques exemples

Repaires jeunesse du Canada (2016 - en anglais)

Imagine Canada (2017)

Coalition du budget vert (2015 - en anglais)

Ladies Learning Code (2017)

 

Nous espérons que ces quelques conseils vous seront utiles dans vos préparations. Au plaisir de lire vos recommandations pendant notre revue des mémoires présentées en vue du budget de 2018! 

 

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