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Construire la capacité de plaidoyer de votre organisation en 5 étapes

Mardi, 6 Mars, 2018
Politiques publiques
Relations gouvernementales
Politiques publiques
Myna Kota
Young people covered in colours, cheering, throwing coloured powder

Les organismes caritatifs au pays jouent un rôle crucial en fournissant des programmes et services essentiels à la population. Au-delà de ce rôle, ils peuvent faire entendre leur voix sur les sujets complexes qui touchent leurs bénéficiaires et influencer les changements systémiques qui s’opèrent dans notre société. Ce champ d’action offre des possibilités intéressantes et importantes aux organismes; or, pour plusieurs d’entre eux, il peut paraître intimidant et difficile à cerner. Par où faut-il commencer?

Bien que chaque organisation soit unique, il existe plusieurs étapes incontournables pour toutes pour développer leur capacité de plaidoyer auprès des gouvernements, surtout si elles se trouvent en terrain inconnu. Les cinq étapes présentées dans ce billet permettront à chacune d’entre elles de bâtir une expertise solide et d’établir des lignes directrices pour défendre leur cause de façon responsable et avec confiance.

1. Connaître les règles

Avant de passer à l’action, il faut faire ses devoirs et se renseigner des règles en vigueur. Au Canada, le gouvernement fédéral juge que les organismes de bienfaisance représentent une source de connaissances et d’information inestimable pour ce qui est des effets des politiques gouvernementales sur la vie des citoyens et qu’ils devraient contribuer à l’élaboration des politiques. Il existe, toutefois, quelques règles qui encadrent les activités des organismes à cet égard. En effet, le gouvernement fédéral a mis en place un ensemble de règles, détaillées dans l’énoncé politique CPS-022 publié par l’Agence du revenu du Canada (ARC), un document contraignant faisant partie de la Loi de l’impôt sur le revenu. Ce sont ces directives qui dictent ce que les organismes de bienfaisance au Canada ont le droit de faire en matière de travail de plaidoyer (ces normes pourraient faire l’objet de changements progressifs à l’avenir – restez à l’affût).

Outre les lignes directrices de l’ARC, les organismes doivent se familiariser avec les règles en matière de lobbying dans leur province ou territoire respectif, au fédéral et parfois même auprès de leur municipalité. Il importe de bien comprendre la règlementation et comment elle s’applique à une organisation avant d’entamer le travail sur le terrain pour que ce dernier soit conduit de manière responsable et efficace. Au besoin, les organismes peuvent faire appel à des experts en droit des organismes de bienfaisance et sans but lucratif pour avoir le cœur net quant à l’application exacte de la règlementation dans leur contexte particulier.

2. Définir les morceaux manquants

Après avoir fait une bonne lecture de la règlementation, les organismes doivent dresser un bilan de leur situation actuelle par rapport à leurs objectifs, ce qui leur permettra d’agir efficacement par la suite. Cette analyse des écarts fera ressortir l’état actuel de l’organisation, l’état qu’elle souhaite atteindre à l’avenir et les éléments requis pour combler les lacunes qui représentent l’écart entre ceux deux points (pour pousser l’analyse plus loin, les organismes peuvent faire des recherches sur le sujet et en discuter avec leurs pairs). Ainsi, l’absence d’une politique en matière de plaidoyer pourrait être vue comme une lacune, tout comme l’incohérence dans la compréhension qu’ont les membres du conseil d’administration du concept même du travail de plaidoyer. Une fois toutes les lacunes existantes bien définies, l’organisation pourra commencer à les pallier.

3. Établir les principes de base

Créer une politique en matière de plaidoyer peut s’avérer fort utile en ce qu’elle permettra d’établir une certaine cohérence et transparence dans les activités de plaidoyer d’une organisation. Une telle politique doit comprendre les principes de travail de manière à dicter des paramètres précis sans être trop prescriptive, ce qui compliquerait sa mise en œuvre. De plus, elle doit faire état de certains éléments clés comme l’objectif (donnez-lui du mordant!), une définition du travail de plaidoyer propre à l’organisation, l’application de la politique par l’ensemble de l’organisation et, particulièrement important, des énoncés précisant ce qu’il est permis de faire ou pas. Les organismes voudront se doter d’une politique limpide, actuelle et qui favorise l’engagement pour rendre son travail de plaidoyer plus facile, responsable et efficace.

4. Rendre la politique accessible à tous

Se doter d’une politique est une chose, mais les organismes auront tout intérêt à lui greffer des lignes directrices opérationnelles qui expliquent ses dispositions en termes simples (plutôt qu’en jargon administratif), et incluent des exemples précis. Il s’agit de décomposer la politique selon ses principaux concepts pour la rendre plus accessible, compréhensible et utile pour les employés et bénévoles. Après tout, un des objectifs d’une telle politique consiste à faciliter le travail de plaidoyer. En ce sens, intégrer des exemples concrets est une excellente idée. Ainsi, lorsqu’on explique que toutes les activités de plaidoyer doivent être de nature non partisanes ou multipartisanes, on peut ajouter des conseils pratiques pour montrer comment concevoir des activités pour qu’elles respectent ce principe et des exemples réels d’activités appropriées ou non appropriées.

5. Éduquer, éduquer, éduquer

Dès le début du processus, il ne faut manquer aucune occasion pour éduquer toutes les personnes concernées. La règlementation est souvent complexe et loin d’être intuitive. C’est pourquoi on peut prendre un pas d’avance en faisant participer tout le monde tôt dans le processus et tout au long de celui-ci pour que l’information ait le temps de faire son chemin dans l’ensemble de l’organisation. À la fin, lorsque la version finale de la politique et de ses lignes directrices sera approuvée, les principales personnes concernées auront déjà acquis de solides connaissances en la matière. Ce qui ne devrait pas empêcher l’organisation de continuer à s’assurer que le contenu de sa politique demeure une préoccupation première pour les personnes qui doivent la respecter dans le cadre de leur travail. Cette vigilance est d’autant plus de mise lorsque de nouvelles personnes se joignent à l’organisation. On peut assurer une éducation continue en offrant des présentations et en créant des ateliers pratiques destinés à de petits groupes d’employé et de bénévoles, qui leur permettront d’apprendre à se servir de la politique et des lignes directrices à l’aide de scénarios calqués sur leur réalité de travail.

Mots de fin

Les organismes de bienfaisance jouent un rôle important dans l’élaboration des politiques publiques et dans l’avancement social, économique et politique des collectivités canadiennes. À cet égard, le temps investi pour doter votre organisation d’un solide cadre de gouvernance pour créer un concept de plaidoyer cohérent vaut amplement le coût, puisqu’il vous donnera les outils pour influencer les changements qui s’effectuent dans la société. Outre les efforts des différents acteurs, il existe des stratégies pansectorielles pour permettre aux organismes de travailler dans un environnement politique et règlementaire qui leur est favorable.

Restez en contact avec Imagine Canada pour ne manquer rien de leur travail important à ce sujet et participez à leurs activités pour renforcer la place du secteur caritatif à la table de discussion des politiques publiques. 

 

À propos de l’auteure

Myna Kota

Myna Kota travaille comme gestionnaire principale, plaidoyer et engagement des filles à l’organisme Guides du Canada (anglais). À ce titre, elle dirige les efforts de l’organisation pour outiller les Guides à mener des activités de plaidoyer à la défense des filles et à permettre aux filles elles-mêmes de s’engager pour un monde meilleur. Mina est membre du Pouls du secteur, un groupe de travail mis sur pied par Imagine Canada, et on peut la suivre sur Twitter @MynaKota.

Nos auteurs invités s’expriment à titre personnel. Leurs opinions ne reflètent pas nécessairement celles d’Imagine Canada.

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